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Éclairer un passage piéton quand la commune éteint l'éclairage public

19 octobre 2026 · Gaëtan CHRISTOPHE · 11 min de lecture

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Piétonne traversant un passage piéton éclairé la nuit par une tête solaire à détection (mise en situation générée par IA)

Votre commune éteint l'éclairage public en cœur de nuit, ou s'apprête à le faire, et une question revient au conseil municipal : que faire des passages piétons, qui deviennent les points les plus exposés quand la rue est noire ? Voici ce que dit le droit, ce que recommande le Cerema et les solutions concrètes, avec leurs coûts et leurs limites.

À retenir

Aucun texte n'oblige une commune à éclairer ses voies, mais le maire reste responsable de la sécurité au titre de son pouvoir de police : éteindre se prépare, passage par passage. Avant d'éteindre, le Cerema conseille de passer les panneaux en classe 2, de rendre visibles de nuit marquages et obstacles, puis de traiter à part les traversées les plus fréquentées, par exemple avec un éclairage solaire à détection qui ne s'allume qu'au passage d'un piéton.

Quiz · 30 secondes

Votre passage piéton est-il prioritaire si vous éteignez la nuit ?

Prioritaire. Des piétons y passent tôt le matin et tard le soir, en pleine période où la nuit est la plus longue. C'est le premier passage à équiper.
Prioritaire. La vitesse d'approche est le premier facteur de gravité. Le conducteur doit voir le passage et le piéton de loin : signalisation en classe 2 et dispositif lumineux.
Signalisation passive d'abord. Panneaux en classe 2, marquage rétroréfléchissant et obstacles balisés suffisent souvent. Gardez l'éclairage actif pour les traversées plus exposées.

Une commune a-t-elle le droit d'éteindre l'éclairage public la nuit ?

Oui : aucune loi n'impose aux communes d'éclairer l'ensemble de leurs voies, et le choix d'éclairer ou non relève du maire. Le Cerema le rappelle sans ambiguïté : il n'y a pas d'obligation d'éclairer en agglomération, donc pas d'obligation de prendre un arrêté pour éteindre. Le gouvernement l'a confirmé au Sénat en 2022, en ajoutant que le juge administratif peut rechercher une faute du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police si un accident survient (Maire-info, janvier 2023).

L'arrêté du 27 décembre 2018 sur les nuisances lumineuses n'impose pas non plus d'éteindre la voirie. Il fixe des règles techniques pour les luminaires (lumière orientée vers le bas, 3 000 K au plus, flux limité par mètre carré) et des horaires d'extinction pour d'autres usages, comme les vitrines ou la mise en valeur du patrimoine. Pour la voirie, il invite seulement les gestionnaires à étudier les possibilités d'extinction (texte sur Légifrance).

La pratique s'est généralisée : 73 % des 22 773 communes observées par satellite par le Cerema éteignent totalement ou partiellement entre 2 h et 4 h du matin. Ces chiffres couvrent juillet 2024 à juin 2025. Le mouvement ralentit pourtant : 131 collectivités ont commencé à éteindre sur la dernière période, contre plus de 2 000 l'année précédente, et 160 ont rallumé (Maire-info, juin 2026).

Avertissement

Ce qui expose le plus la commune, ce n'est pas l'extinction en soi, c'est l'extinction incohérente. Le Cerema cite des jugements qui ont retenu un défaut d'éclairage là où l'absence de lumière était ponctuelle : « éteindre un luminaire sur 2 peut nuire à la visibilité et à la sécurité ». Mieux vaut des secteurs clairement éteints ou allumés, consignés dans un arrêté, qu'un éclairage en pointillés.

Pourquoi le passage piéton devient-il le point le plus dangereux quand on éteint ?

Parce que le risque piéton est d'abord un risque de nuit : de 2015 à 2024, 42 % des piétons tués l'ont été entre octobre et janvier, quand la nuit couvre les heures de pointe. L'Observatoire national interministériel de la sécurité routière l'explique simplement : les piétons sont moins visibles de nuit pour les autres usagers. En moyenne, 149 piétons sont tués chaque année de novembre à janvier (ONISR, octobre 2025).

Le passage à l'heure d'hiver le montre nettement : entre octobre et novembre, les accidents impliquant un piéton augmentent de 34,9 % entre 17 h et 19 h, alors qu'ils baissent sur la journée entière. Rien ne change sinon la lumière. L'ONISR note aussi que le piéton a souvent l'impression d'être vu alors qu'il ne l'est pas.

Le Cerema ajoute que la nuit concentre les facteurs aggravants : des vitesses plus élevées, davantage de conducteurs et de piétons fatigués ou sous l'effet de l'alcool, des vélos mal éclairés, et des piétons en vêtements sombres. Un passage piéton dans le noir cumule tout cela au même endroit.

Que recommande le Cerema avant d'éteindre ?

La recommandation centrale est de compenser l'absence de lumière par de la rétroréflexion, c'est-à-dire des éléments qui renvoient la lumière des phares. Le Cerema la détaille dans sa présentation « Éteindre la nuit : quid de la signalisation » (Rendez-vous Mobilités, décembre 2022).

  • Des panneaux en classe 2 partout en agglomération. La classe 1 reste autorisée pour beaucoup de panneaux en ville, mais le Cerema la juge « réellement insuffisante si on éteint ». Le détail est dans notre article Panneau de classe 2 : est-ce obligatoire ?
  • Des panneaux utiles visibles à hauteur de phare. Sur trottoir, les panneaux sont posés à 2,30 m pour laisser passer les piétons ; le Cerema demande de vérifier que les panneaux utiles restent visibles de nuit, notamment pour les deux-roues. Les règles de hauteur sont dans notre guide Règles d'implantation des panneaux.
  • Des marquages rétroréfléchissants. L'instruction interministérielle les juge « très souhaitables » en agglomération, « a fortiori dans le cas où l'éclairage n'est pas permanent ». Les peintures photoluminescentes ne sont pas réglementaires à ce jour et restent en évaluation.
  • Des obstacles balisés. Il faut rendre visibles de nuit tout ce qui se trouve sur la trajectoire du piéton (potelets, mâts, mobilier, marches, chantiers) et des véhicules (bordures, îlots, coussins, giratoires), avec des balises J4, J5, J15 ou des catadioptres.
  • Un test de nuit, éclairage éteint, avant de généraliser. Le Cerema propose de parcourir chaque secteur à pied, à vélo, à moto et en voiture, de repérer les manques avec l'application gratuite Cerema Scout, puis de passer du provisoire au définitif.
Notre avis en une phrase

La rétroréflexion sécurise le conducteur qui voit le passage, mais elle ne rend pas visible le piéton en vêtements sombres : sur les traversées fréquentées la nuit, il faut aussi de la lumière.

Quelles solutions pour rendre un passage piéton visible sans éclairage public ?

Il existe cinq grandes options, du simple panneau à l'éclairage dédié, et elles se combinent plus qu'elles ne s'opposent. Le tableau compare leurs effets et leurs coûts indicatifs.

Solution Ce qu'elle apporte la nuit Coût indicatif Limites
Signalisation passive (panneaux classe 2, marquage rétroréfléchissant, balises) Le conducteur repère le passage dans ses phares Faible : quelques centaines d'euros par passage Ne montre pas le piéton lui-même
Balise flash solaire sur potelet ou mât Signal lumineux visible de loin qui annonce la traversée Lumy Flash : 585 € HT la balise, hors pose Alerte le conducteur, n'éclaire pas la chaussée
Tête d'éclairage solaire à détection sur mât existant Éclaire le passage quand un piéton arrive, LED d'alerte pour les conducteurs Lumy Guardian : 3 000 € HT la tête, hors pose Ensoleillement à vérifier, entretien des batteries
LED encastrées dans la chaussée Bonne visibilité du passage 8 000 à 10 000 € par passage (ville d'Épinal, 2026) Entretien coûteux : dômes abîmés, infiltrations, parfois en 6 mois à 5 ans
Bornes ou mâts lumineux raccordés au réseau Éclairage dédié du passage 10 000 à 12 000 € par passage (ville d'Épinal, 2026) Travaux de raccordement, emprise sur le trottoir

Les coûts des LED encastrées et des bornes raccordées viennent du comparatif réalisé par la ville d'Épinal en janvier 2026 pour un projet de passages piétons éclairés de son budget participatif (compte rendu de la ville). Épinal y retient un point utile à toute commune : garder une seule solution technique sur l'ensemble des passages, pour ne pas désorienter les usagers.

Note de méthode

Les prix des produits Lumy sont ceux de notre boutique au 19 octobre 2026, fourniture seule ; les autres coûts sont ceux publiés par la ville d'Épinal, travaux compris. Ils ne se comparent donc pas ligne à ligne : la pose d'une tête solaire sur un mât existant reste à chiffrer selon le site. Nous vendons les solutions Lumy et C2 Marquage les installe : nous les citons parce que nous les connaissons, pas parce qu'elles conviennent partout.

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Comment fonctionne un éclairage solaire à détection sur un passage piéton ?

Une tête solaire à détection se fixe sur un mât existant, recharge ses batteries le jour et n'allume le passage que lorsqu'un piéton ou un cycliste se présente. C'est la logique du Lumy Guardian : détection jusqu'à 12 m, 2 000 lumens sur la traversée, et des LED d'alerte orientées vers les conducteurs, visibles à 500 m dès la tombée de la nuit. Le fabricant annonce jusqu'à 1 000 passages de 10 secondes sur batteries.

Ce fonctionnement à la demande répond à la fois à la sécurité et à la sobriété : la rue reste éteinte, la traversée s'éclaire seulement quand elle sert, sans tranchée ni facture d'électricité. Le choix des luminaires et de leur réglage doit tout de même respecter les règles de l'arrêté de 2018, à vérifier pour chaque installation.

C2 Marquage pose ce type d'équipement pour des collectivités du Grand Est, souvent sur des candélabres déjà en place dans des communes qui ont choisi l'extinction nocturne. Le détail technique et des exemples de pose sont sur son article Lumy Guardian, tête de candélabre solaire.

Pour qui ce n'est pas la bonne solution

Un éclairage solaire n'est pas adapté partout. Un mât à l'ombre d'arbres ou de bâtiments une grande partie de l'hiver se rechargera mal. Une grande avenue très fréquentée toute la nuit relève plutôt d'un éclairage public maintenu. Enfin, si le passage n'a pas de mât ou de façade à proximité, il faut prévoir un mât neuf, ce qui change le budget.

Comment procéder, passage par passage ?

La méthode la plus sûre suit cinq étapes, inspirées de la démarche pragmatique du Cerema.

  1. Lister les passages piétons et les classer : établissements scolaires, gare, arrêts de bus, commerces ouverts tard, entrées d'agglomération et sections rapides en premier.
  2. Faire une visite de nuit, éclairage éteint, à pied et en voiture, en notant ce qui ne se voit pas : panneau, marquage, potelet, bordure.
  3. Mettre à niveau la signalisation passive : panneaux de passage piéton en classe 2, marquage rétroréfléchissant, balises sur les obstacles.
  4. Équiper d'un dispositif lumineux les passages prioritaires, en gardant la même solution sur toute la commune.
  5. Consigner les choix dans un arrêté qui précise les secteurs éteints, les horaires et les passages traités : c'est la trace de votre démarche si un accident survient.

Profitez-en pour vérifier une autre échéance : la loi d'orientation des mobilités interdit le stationnement des véhicules motorisés dans les 5 mètres avant un passage piéton, et les aménagements correspondants doivent être faits avant le 31 décembre 2026. C2 Marquage fait le point dans son article Loi LOM et passages piétons.

Questions fréquentes

Le maire est-il responsable si un piéton est renversé sur un passage non éclairé ?

Il peut l'être. Aucune loi n'impose d'éclairer, mais le juge administratif peut retenir une faute du maire dans l'exercice de ses pouvoirs de police, par exemple si un passage dangereux a été plongé dans le noir sans signalisation adaptée. Une démarche documentée (diagnostic, signalisation mise à niveau, arrêté) est la meilleure protection.

Faut-il un arrêté municipal pour éteindre l'éclairage public ?

Ce n'est pas obligatoire, puisqu'il n'existe pas d'obligation d'éclairer. Le Cerema le recommande pourtant : un arrêté qui rassemble les décisions (secteurs, horaires, passages traités) rend la politique cohérente et lisible.

Quelle classe de panneau choisir si la commune éteint la nuit ?

La classe 2. Elle est obligatoire hors agglomération et pour certains panneaux en ville, et le Cerema recommande de l'adopter sur tous les panneaux en agglomération dès que l'éclairage est coupé, la classe 1 étant jugée insuffisante dans le noir.

Un éclairage solaire fonctionne-t-il en hiver ?

Oui, si le panneau solaire est bien exposé. Les modèles à détection consomment peu, car ils ne s'allument qu'au passage. L'emplacement reste déterminant : un mât à l'ombre l'hiver peut nécessiter un panneau solaire supplémentaire, prévu en option sur le Lumy Guardian.

La peinture photoluminescente peut-elle remplacer l'éclairage d'un passage piéton ?

Pas à ce jour. Le Cerema rappelle que ces peintures ne sont pas réglementaires et qu'elles sont encore en évaluation. Les marquages rétroréfléchissants homologués restent la référence.

Notre conclusion et recommandation

Éteindre la nuit est légal et souvent judicieux, à condition de traiter les passages piétons comme des points à part : signalisation en classe 2 et marquages rétroréfléchissants partout, puis un dispositif lumineux sur les traversées les plus fréquentées. Commencez par une visite de nuit : en une soirée, vous saurez quels passages posent problème. Si vous hésitez sur la solution, nous pouvons étudier vos passages avec vous, y compris pour vous dire quand un éclairage public maintenu reste le meilleur choix.

Sécuriser vos passages piétons la nuit

Panneaux en classe 2, balises et solutions solaires Lumy, avec fiche technique fournie, paiement par mandat administratif et dépôt des factures sur Chorus Pro. La pose est assurée par C2 Marquage dans le Grand Est.

Ressources utiles

Article préparé avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle et publié sous la responsabilité éditoriale de C2 Signalisation.

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